Titre original : " Per mano mia"
Auteur : MAURIZIO DE GIOVANNI
Traduction : Odile ROUSSEAU
Editions : Rivages/noir -2018- 364 pages
Chaque mois de décembre, j'aime aller à la recherche de ces romans de Noël, que les éditeurs ne manquent pas de nous proposer pour cette occasion : Charles Dickens, Selma Lagerlöf, Agatha Christie, Anne Perry sont souvent sollicités, avec pour résultats de belles découvertes, des retrouvailles sympathiques ou de franches déceptions.
Cette année je n'ai même pas eu à me mettre en quête. C'est Maryline qui m'a apporté sur un plateau, ce " Noël du commissaire Ricciardi", cinquième volume d'une série commencée par le cycle des saisons , qui se poursuit par "Les Pâques" du même héros.
J'ai passé, un bien agréable moment.
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L'enfant-Jésus et Joseph. Source : lombrail-teucquam.com
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Il faut dire que de nombreux ingrédients se conjuguaient pour assurer celui-ci :
- Un grand dépaysement dans l'espace et le temps : Naples, en hiver - un guide et un plan sous les yeux ne seraient pas inutiles- et un moment - 1931- où l'ordre fasciste resserre son étau sur la ville.
- Des personnages principaux attachants : le jeune commissaire Ricciardi, beau avec sa mèche rebelle qui lui tombe sur le front, aristocrate qu'une vieille tante couve et martyrise à la fois, une âme nostalgique, poursuivie autant par son triste passé que par le don étrange qui lui fait ressentir souffrances et pensées de ceux qui viennent brutalement de quitter la vie. Son fidèle adjoint Maione, père de famille quinquagénaire, blessé par le drame récent, qui le lie indéfectiblement à son supérieur.
- Une valse hésitation amoureuse, entre tendresse et de tristesse.
- Une intrigue étrange : un couple de petits notables du régime, assassiné à la veille de Noël et des coupables potentiels trop évidents, symboles de la violence des temps : misère, calomnie et délation triomphantes.
- Et pour terminer, Noël bien sûr et ses traditions napolitaines, : menus de fête - fusilli à la viande, capitone, une "énorme anguille à la machoire proéminente", flanchet de veau en bouillon, et les scauratielli, des "beignets en forme de petites tresses"- et au-dessus de tout la crèche.
Aussi curieux que cela puisse sembler, c'est elle, qui est au coeur du roman et de l'intrigue. Elle, qui comme en Provence, s'enrichit chaque année d'un santon supplémentaire, elle, dont chaque personnage et chaque élément du paysage cache un symbole et permet un enseignement :
"Elle est le triomphe de foi dans la vie de tous les jours, avec les symboles de ce en quoi nous croyons qui se mêlent au quotidien. Et elle sert à faire comprendre aux enfants que Dieu, la Madone et les saints nous voient toujours, quoi que nous fassions et que par conséquent nous devons nous comporter selon Leur volonté, même lorsque nous pensons être tout seuls."
Poursuivant sur ma lancée, j'ai attaqué le cycle des saisons, en commençant par celle qui inaugure la série, l'Hiver. Mais cette fois point de crèche, mais l'opéra et ses chanteurs, au centre du mystère. Puis j'ai continué par le Printemps et j'y suis encore : intrigue plus confuse me semble-t-il, multiplicité des passions, et toujours misère et violence de la plus banale - racontars et insultes - jusqu'à la plus sanglante - mutilation et meurtre -.
Je crois qu'avant de poursuivre je ferai une pause et tire de ces lectures un peu désordonnées, quelques enseignements :
- Si chaque roman forme en lui-même une entité, il vaut mieux cependant commencer par le premier, en introduisant peut-être celui de Noël avant le suivant ( à vérifier après avoir lu toute la série !), car l'histoire couvre une seule année, avec tout ce que cela implique, en termes d'évolution des personnages et de leurs rapports.
- Il est préférable également me semble-t- il, ne pas tout lire à la suite, afin d'éviter les redites nécessaires à la lecture indépendante de chaque roman, mais un peu lassantes lorsqu'on lit la série de bout en bout.
Mais cela reste des points de détail.
Un univers original, entre réalité et moments oniriques, un contexte historique passionnant, un cadre géographique qui fait rêver, des références culturelles enrichissantes, beaucoup de sensibilité, cela ne se refuse pas !























