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mercredi 18 avril 2012

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI




Quatre mots aujourd'hui tirés de "Naissance d'un pont" de Maylis de Kerangal.

Peu après le début du roman, "le Boa", qui vient d'être élu maire de Coca, part visiter Dubaï, qu'il découvre, ébloui.
C'est  au retour de cette visite qu'il décide de la construction du pont.

Une disdash :
"Le Boa se tord le cou à les compter toutes, et l'homme en dishdash blanche qui le coudoie sur la banquette, le voyant faire, lui signale qu'un tiers des grues existant à la surface du globe est réquisitonné en ces lieux : une sur trois répète-t-il, une sur trois est ici chez nous."


Une dishdash ou disdasha, est une robe ample en coton blanc et fin (ou en étoffe de laine plus lourde, en hiver), qui descend jusqu'aux chevilles, portée par les hommes de la péninsule Arabique.



Un akal :
"De loin, le cheikh lui apparaît massif et immaculé comme l'autorité, mais prend forme humaine à mesure qu'il avance- l'akal de son keffieh tombe légèrement sur une oreille, si bien que le monarque est bancal de la tête."


A lire cette phrase, je pense que tout le monde voit à peu près de quoi il s'agit. Mais pour donner une définition en français c'est beaucoup moins simple : pas d'akal.
En m'entêtant un peu, j'ai découvert que le mot le plus usité était en fait : agal. Mais là encore pas de définition en francais mais une en anglais (merci au Merriam-Webster dictionnary en ligne)
An agal : "a coard usu.of goat's hair that Arabs (as the Beduins) wind around their heads to hold the kerchiellike headdress". 
Donc, une corde habituellement en poils de chêvre que les Arabes (comme les Bédouins) portent roulée autour de la tête pour maintenir leur keffieh.
Cette corde, semble-t-il, servait à l'origine à attacher les pattes des chameaux durant la nuit, lors des voyages.




Cheikh Mohamed Ben Rached al-Maktoum, Emir de Dubaï

La construction du pont ne réjouit pas tout le monde !
Ni Jacob, qui revient chaque année vivre dans la forêt, ni les propriétaires des bacs qui jusqu'à présent assurent le transport des passagers d'une rive à l'autre du fleuve.

Un junco :
"On se demande comment Jacob a eu vent de cette histoire de pont à Coca, on imagine la rumeur du chantier venue jusqu'à lui, glissée entre les écailles d'une truite fugueuse, cachée sous les ailes d'un junco ardoisé ou fichée sur le pétiole d'une fourmi travailleuse qui aura cheminé jusqu'au coeur du massif dans quelques galeries souterraines."
Un junco est un oiseau (passereau) de 13 à 16 cm, originaire du continent nord-américain, où il est très répandu. Il a le dos sombre et le ventre clair, mais se caractérise également par de nombreuses variations de coloration selon les zones géographiques dans lesquelles on le trouve. Il se nourrit généralement au sol de graines et de petits fruits.

Source : http://www.bestioles.ca

Un lamaneur :
"D'après les registres de la chambre de commerce, l'ensemble de l'activité couvre un volume annuel d'un milliard de dollars -...-et agglomère plus de trois mille emplois, l'équipage moyen d'un bac amphidrome comptant cinq individus -...-auxquels s'ajoutent lamaneurs, dockers...."
Un lamaneur est un pilote chargé du pilotage des navires à l'entrée et à la sortie des ports, dans les passes, les chenaux.



Sources :
Merriam-Webster dictionnary en ligne
- Just-Landed Dubaï
- Wikipedia
- Le Petit Robert 1997

mercredi 11 avril 2012

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI


Deux mots aujourd'hui pour illustrer l'autobiographie d'Agatha Christie dont je vous ai parlé lundi :

Le premier évoque sa jeunesse et les cours de danse où elle aimait aller :

Une matelote :
"Après cela, les grandes laissaient la place aux petites qui venaient effectuer leur danse, généralement une matelote ou quelque petite danse folklorique gaie et pas trop difficile."
Une matelote est "une danse, qui trouve son origine parmi les marins français... Il s'agit d'une contredanse "en colonne", les partenaires étant disposés en deux lignes vis à vis. Elle s'exécute (normalement) en pas sautillés.
La version ci-dessous,  en plus d'être charmante, me semble assez proche de  ce qu'en dit Agatha Christie.



La Matelote - Vannes 2006 par Shaman_291

Le second,  symbolise ce qui faisait sa joie,  sur les chantiers archéologiques dirigés par son mari :

Une pyxide :
"Ce sont sans doute les premiers [les plans] qui sont les plus importants, mais pour moi, ils ne présenteront jamais la fascination de ce qui est issu de la main de l'homme : telle petite pyxide d'ivoire avec des musiciens et leurs instruments sculptés tout autour, tel petit chérubin ailé, cette merveilleuse tête de femme, laide à faire peur mais débordante d'énergie et de personnalité."

Le mot pyxide vient du grec pyxix qui signifie  boîte/capsule :
Une pyxide est une boîte dotée d'un couvercle, qui contient quelques choses de précieux.

A partir de cette définition un peu lapidaire, beaucoup de choses sont permises, en termes de formes,  de taille, de matériaux (terre, émail, ivoire, cuir...) :

On peut donc employer ce terme en botanique : la pyxide abrite alors les graines d'une plante :

Pyxide de l'Anagallis Ornentis
ou pour désigner un objet :
Durant l'antiquité, la pyxide, vase ou boîte contient notamment des bijoux :

Grande pyxide 760-750 Athènes Grèce -Musée cycladique-

L'ère chrétienne advenue,  c'est l'eucharistie qu'elle renferme , à demeure dans une église,

Pyxide de Saint-Aubain 
Musée diocésain de Namur Belgique

ou, usage plus récent, pour transporter celle-ci auprès des malades.


Le monde arabo-musulman n'est pas en reste et produit également de superbes pyxides :

Pyxide d'Ismâ Îl- avant 1032_
Cathédrale de Narbonne-France-

Quant à celle, qu'Agatha Christie a tenue dans ses mains, elle ressemblait probablement à celle-ci :

Pyxide Davillier


Sources :
- Wikipedia
- Le Petit Robert de la Langue Française -1997-

mercredi 4 avril 2012

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI



Contrairement à ce que je pensais (et craignais !), ma moisson de "Drôles de mots", dans "La Cité des Dames" a été relativement limitée.
En voici quatre :

Un coutre :
"Elle [Cérès]inventa encore la charrue et leur enseigna à fendre et à découper la terre avec le coutre, ainsi que les autres travaux de labour."
Il s'agit du fer tranchant fixé à l'avant du soc de la charrue.
Le mot coutre (comme d'ailleurs le mot couteau) vient du latin custellus, diminutif de culter, qui désigne toutes sortes d'objets tranchants.


Source : www.collection-agricole.fr

Rouir, teiller, sérancer :
"Cette femme [Arachné] inventa un art encore plus indispensable, car elle découvrit la première comment cultiver le lin et le chanvre, comment les effeuiller, les rouir, les teiller, les sérancer, et encore comment filer la quenouille et tisser la toile."




Souce : Larousse


Rouir : isoler les fibres textiles du lin et du chanvre en détruisant la matière gommeuse qui les soude par une macération dans l'eau ou par tout autre procédé.

Teiller :
-débarrasser le lin ou le chanvre de l'écorce de leurs tiges (teilles)
- séparer les parties ligneuses et la fibre

Sérancer : peigner le lin ou le chanvre

Vous trouverez sur le site des compagnons duellistes  tous les détails sur le travail du lin.

Sources :
- toutes les définitions : Petit Robert 1987
- étymologie : Le Robert Dictionnaire historique de le langue française 1992

mercredi 28 mars 2012

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI


Une vraie "salade de mots" aujourd'hui sans lien les uns avec les autres, si l'on excepte le fait qu'ils sont tous issus de la dernière grille de mots-croisés que j'ai remplie la semaine dernière :

Les deux premiers se trouvaient dans les définitions proposées :

- "Arche déterrée"
Peut-être les choses auraient-elles été plus simples s'il n'y avait pas eu une faute de frappe dans l'intitulé : il fallait bien sûr lire "Ache déterrée".
Une ache :
C'est une plante qui pousse à l'état sauvage au bord des ruisseaux et plus largement dans les zones humides, qui répond au nom latin de "Apium Graveolens" soit en bon français, le céleri.



- "Ne peut rien contre la formication"
Non, ce blog ne va pas tomber dans le graveleux , comme  le concepteur de la grille semble le vouloir !
La formication est une sensation d'engourdissement analogue à celle que produit le picotement des fourmis passant sur un membre.
La réponse était ici "insecticide".

Les deux derniers, avaient des définitions claires.... une fois la réponse trouvée.

Une ante :
Une ante est un pilier carré qui orne le jambage d'une porte ou l'angle d'un édifice notamment das les temples grecs ou romains.
La définition était : "Pilier du temple"


Les antes sont ici en D




Un toton :
 Dans son sens le plus pratiqué, il s'agit d'une petite toupie qu'on lance au-dessus d'un plateau.
 La plus célèbre représentation d'un toton, compris dans ce sens,  est  celle faite par Jean-Baptiste CHARDIN dans son tableau "L'enfant au toton" peint en 1737, aujourd'hui conservé au musée du Louvre à Paris.






Mais le toton est égalemnt une sorte de dé, "dont deux faces opposées sont traversées par une broche qui permet de le faire tourner comme une toupie."

Toton d'ivoire-Allemagne XIXème siècle
Musée Suisse du Jouet
A l'origine les quatre faces restantes du dé portaient chacune une lettre :
A pour Accipe (prends)
D pour Da (donne)
P pour Pone (mets)
T pour Totum (prends tout)
Au XVIIIème siècle les lettres ont été, comme sur un dé, remplacées par des points figurant un chiffre et le nombre de faces porté parfois à huit.


La définition était : "Vieille toupie"


Sources : 
- Wiktionnaire
- Sensagent
- Trigofacile
- Couleur-voyelles

mercredi 14 mars 2012

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI


Si vous avez regardé mon message de dimanche vous avez pu constater que le rouge-gorge, m'a beaucoup occupée cet hiver.
Aujourd'hui je lui consacrerai, pour finir, cette petite-chronique, née de la lecture du recueil de poèmes de Henri Pichette "Les ditelis du rougegorge", paru chez Gallimard en 2005.

Passionné par cet oiseau, l'auteur a  mené une véritable enquête  à son sujet. 
C'est aini qu'il a notamment collecté les noms qui lui ont été donnés dans diverses régions de France, en patois ou en français.


Le rouge-gorge c'est :

Le bochu = le bossu "parce que par temps froid ou frais le rouge-gorge se pelotonne, fait le gros dos" en patois du Val de Saire, du Valognais, du clos du Cotentin, du pays de la Hague
Le cou-rouge : en Puysaye
La gadille : en Anjou et dans l'Isère
La marie-misère : en Sologne
Marie-la-reuche : dans le Val de Loire, le pays de Giens, le pays de Bière
La oudelle : en Picardie
Pampouti : dans le Limousin
La reuche : dans le Nivernais
Le rigal : dans les Cévennes
La rouge-bouclette : en Franche-Comté 
La rubeline : dans le Haut-Maine

Enfin, Buffon l'appelait "le rossignol d'hiver", expression qui est encore utilisée aujourd'hui.


mercredi 7 mars 2012

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI


Deux mots aujourd'hui, pour illustrer de manière ludique le roman de Jonathan FRANZEN 
"Les Corrections",  qui s'il est plein d'humour, n'est pas particulièrement joyeux... 
Je vous en parlerai plus longuement dans mon prochain post.

Lacrosse :
"Il ressemblait à ce qu'il était -un ancien joueur de lacrosse de Haverford- et un homme fondamentalement correct à qui il n'était jamais rien arrivé de mal et qu'on aurait donc eu peine à décevoir."
C'est un mot anglais qu'il faudrait écrire en français, la crosse. Il s'agit d'un sport collectif d'origine amérindienne,



"où les joueurs se servent d'une crosse pour mettre une balle dans le but adverse".
Codifié dans sa version moderne en 1887 sous le nom de "la crosse au champ" il comprend deux variante : la crosse féminine et la crosse en enclos.
Pour ma part je n'avais jamais entendu parler de cette discipline, qui semble bien pratiquée dans les pays anglo-saxons.

Source :cambridge-oxford-womens-lacrosse-best.jpg
Klezmer :
"Si elle avait été assise à côté d'Alfred, la foule qui s'approchait d'elle aurait certainement vu l'air renfrogné de son visage et se serait détournée, ne l'aurait certainement pas soulevée dans son fauteuil pour la porter en parade à travers la pièce au son de la musique klezmer, et elle n'aurait certainement pas adoré ça."
Il s'agit de la musique que "les baladins juifs ashkénazes colportaient de fête en fête de shtetl en ghetto, dans toutes l'Europe de l'Est depuis le Moyen-Âge"  jusqu'aux persécutions du XXème siècle et qui a donc accompagné les immigrants juifs  aux Etats-Unis, où se déroule le mariage auquel Enid participe.
C'est une musique populaire, qui invite à la danse. Il suffit d'écouter !




Sources :
- Wikipédia
- http://www.borzy.info

mercredi 29 février 2012

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI




En ces temps de douceur, où tout semble dire que le printemps n'est pas loin, j'ai pensé que des mots tirés du dernier numéro de La Salamandre étaient tout indiqués.

Si celui-ci est principalement consacré au Milan noir ( engl. Black kite), le premier mot intéresse... les grenouilles, dont les femelles, en cette saison, sont en pleine activité de ponte.

Une gouille :
"Les femelles y pondent un paquet de 300 à 1500 oeufs peu après leur arrivée, puis quittent subitement les gouilles"

Source : Pôle-Relais-Tourbière
Cliché : Francis MULLER

Le mot "gouille" est principalement utilisé dans les cantons de la Suisse francophone, mais également en France, plus particulièrement en Savoie ou dans le Bugey.
Il s'agit à l'origine d'une flaque d'eau, d'un trou d'eau, d'un petit étang.
Mais on l'utilise également par euphémisme pour désigner un lac et en tout premier lieu le lac Léman... quand ce n'est pas un océan.
Ainsi, au lieu de dire "Je vais en Amérique", on peut déclarer avec le plus grand sérieux "Je traverse la gouille"...


Le second mot nous renvoie à une histoire bien connue.
Je ne l'avais jamais rencontré auparavant, et ai été étonnée de le découvrir, même si très rapidement j'ai fait le lien avec les malheureux Caïn et Abel.
"La Salamandre" a d'ailleurs la gentillesse de nous donner en une seule ligne le mot et sa définition.

Le caïnisme :
Il s'agit de la compétition entre frères ou entre frères et soeurs.
"Cette compétition entre frères et soeurs est appelée caïnisme"


L'article nous explique en effet, que "les poussins [du milan noir] sortant de l'oeuf avec un décalage d'un à deux jours, parfois plus en fonction du rythme de la ponte", plus la différence d'âge est marquée, "plus les cadets courent le risque d'être affamés ou assommés à coup de bec par leurs aînés.
 A la fin, devenus apathiques, ils sont considérés "comme des proies bonnes à être dévorées". 


Source : http://welkers-pagesperso-orange.fr
A bon entendeur, salut !

mercredi 22 février 2012

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI


Ils sont au nombre de vingt-sept, les "Drôles de mots" que j'ai notés dans mon petit carnet bleu, au fur et à mesure de la lecture de "Jérusalem -biographie-" de Simon SEBAG-MONTEFIORE.
Pas de quoi être fière ! J'y reviendrai donc certainement à plusieurs reprises.
Pour aujourd'hui j'en ai choisi  quatre, qui ont pour caractéristique d'avoir tous un rapport avec  la guerre, situation hélas banale à Jérusalem depuis sa création.

Les deux premiers renvoient à l'entrée à Jérusalem d'Antiochos III le Grand (-242 -187) "héritier de la deuxième grande dynastie née des généraux qui s'étaient partagé l'immense empire d'Alexandre".

Source uploadadalt. British Museum
A cette occasion, sans doute la première, les Jérusalémites virent défiler des éléphants de guerre mais pas seulement :

"Les Jérusalémites ravitaillèrent son armée  cosmopolite [celle d'Antiochos le Grand,], qui se composait de phalanges macédoniennes armées de sarisses,...., de cataphractes iraniens...."

Une sarisse :
Une sarisse est une lance très longue (5,5 m/18 feet) et très lourde  (5 kg /11 pounds) utilisée par les soldats macédoniens regroupés en phalanges, pour arrêter l'avancée des fantassins et des cavaliers ennemis.

Source : site cyberstratege

Un cataphracte :

Rien de mieux que cette image pour faire comprendre de quoi il s'agit :


C'est une "armure faite de toile ou de peau sur laquelle étaient cousues des lames de métal disposées en écailles" "inventée par les peuples nomades iranophones des steppes."

Le soldat qui porte cette armure est un cataphractaire.

Source : Wikipedia


Les deux mots suivant quant à eux se réfèrent à l'entrée de Titus (39-81) à Jérusalem en 70 de notre ére.

Tête colossale de Titus -Glyptothèque de Munich-

Elle fut suivie, dans la foulée, par la destruction du  second Temple qui "ne fut jamais reconstruit", "désastre"  dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui.

Une baliste :
"Il [Titus] entreprit de réduire les défenses de Jérusalem avec une efficacité systématique et une puissance écrasante. Des pierres de baliste, probablement lancées sur son ordre, ont été retrouvées dans les tunnels le long du mur ouest du Temple...."
Une baliste est une machine de guerre grecque puis romaine, qui, lors des sièges, servait à lancer des projectiles, lourdes flêches ou comme ici pierres. Elles fonctionnaient grâce à l'action de deux leviers entraînés par des ressorts à torsion constitués de faisceaux de fibres tordues.



poliorcétique :
"Ce qui n'empêcha pas Titus, qui déploya tout l'arsenal des engins de siège, des catapultes et du génie poliorcétique romain, de s'emparer de la première enceinte en quinze jours."
L'adjectif poliorcétique signifie "relatif à l'art d'assiéger les villes", et la poliorcétique "la technique du siège des villes". 

Sources :
- Wikipedia
- Dictionnaire Larousse
- Petit Robert de la langue française

mercredi 15 février 2012

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI


Deux mots aujourd'hui pour illustrer la vie dans les pontons, telle que nous l'a décrite Louis GARNERAY dans son récit "Mes pontons".

Le côté noir d'abord  : la maladie

une hémoptysie :
"L'affreux régime alimentaire auquel nous étions soumis, l'air méphitique de nos cloaques et surtout les brusques changements atmosphériques que nous subissions lorsque nous passions des batteries ou du faux pont au grand-air,...., multipliaient d'une façon effrayante les cas d'hémoptysie ou de suppuration des poumons."


Une hémoptysie est un crachement de sang provenant des poumons.
Plus particulièrement pour Suko, qui aime beaucoup l'étymologie, j'ajouterai que ce mot apparaît  en 1694 et qu'il est emprunté au bas latin haemoptycus, qui vient lui-même de deux mots grecs : haima = le sang  et ptuein qui signifie "cracher".

Le côté plus souriant : les passe-temps

la drogue :
"Se figure-t-il bonnement que j'ai laissé là ma drogue pour venir assister à ses grimaces?"
Il ne s'agit ici ni de "la base d'une préparation médicamenteuse", ni péjorativement d'un médicament, ni d'une "substance susceptible de perturber la conscience, la perception de la réalité", ni  de "ce qui empoisonne, pervertit l'esprit ou les qualités morales par une dépendance".....

Mais...

d'un ancien jeu de carte pratiqué durant le XIXème siècle par les soldats et les matelots qui "tire son nom d'une petite fourche en bois, fabriquée par les joueurs et destinée à coiffer le nez des perdants" jusqu'à ce qu'ils gagnent à leur tour.

H.Vernet "Soldats jouant au jeu de la drogue".

Sources :
- Le Robert Dictionnaire historique de la langue française- Paris 1992-
- Dictionnaire français de définitions
- Wikipédia

mercredi 1 février 2012

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI



Entre Noël et le jour de l'An, j'ai mené une vie extrêmement aventureuse, suivant Ambroise Louis GARNERAY, dont je vous ai déjà parlé, de navire corsaire en navire corsaire sur toutes les mers du monde.
Je l'ai abandonné pour l'instant fatiguée que j'étais de monter à l'abordage de navires anglais, mais  je compte bien le retrouver un jour, car ses aventures, telles qu'il les raconte dans "Moi, Garneray, artiste et corsaire" sont pleines de vie et de panache.
Parmi les très nombreux "Drôles de mots" qui parsèment le récit, j'en ai choisi deux qui  n'ont rien à voir avec la mer, par pur esprit de contradiction, je suppose...

Une cassine :
"Adieu, je m'en vais ailleurs... Bien de l'agrément, et que le diable emporte ta cassine !"

D'après le "Littré" le mot cassine peut avoir trois sens :
1. En terme de guerre : une petite maison détachée au milieu des champs, où l'on peut s'embusquer, se retrancher.
2. Une maisonnette de chétive apparence mais aussi une maison mal tenue.
3.  Familièrement : une petite maison de plaisir hors la ville.

Dans le contexte les deux dernières significations pourraien têtre retenues, bien que la maison d'Encarnacion soit située dans le village.

 Une amboulame :
" Il nous accueillit, à merveille, et s'empressa de nous emmener dans sa case, où nous attendait un repas à peu près pareil à celui que nous avait donné le sous-roi, mari de la charmante amboulame"


Après avoir lu l'une des notes figurant dans la page discussion de l'article "Madagascar" da Wikipedia, "la charmante amboulame" rencontrée par Garneray lors de son incursion à Madagascar, doit être l'une des descendantes d'immigrants polynésiens, installés dans le centre-nord de la grande île au XVIème siècle, qui peu à peu se sont métissés avec les autochtones. Ils se faisaient remarquer par leurs cheveux noirs et surtout lisses.




mercredi 11 janvier 2012

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI


C'est, bien sûr, de "L'Arpenteur" de Marie ROUANET que les trois mots d'aujourd'hui sont tirés :

Une éteule :
"A-t-on jamais une autre possession que celle des sens s'appropriant le monde et dans l'instant même où l'on regarde la ligne des collines, le velours des labours, le jaune des emblavures suivi du jaune plus doux des éteules, bientôt gagné par la verdure des grains tombés qui regerment et les arbres dont la courbure indique les vents dominants ?"
Une éteule est la partie du chaume -la tige des céréales- passée sous la lame de la faux ou de la moissonneuse et qui reste fixé à la terre après la moisson.

Une tourdre : 
"Il monte droit vers le col au-dessus duquel passaient les palombes et les tourdres, là où un lierre plus fort qu'un tirant de fer conserve debout quelques pierres assemblées."
Une tourdre  est  le nom donné en Rouergue à la grive mauvis.





Un bigo  ou plus couramment bigot :
" Je connaissais parfaitement l'usage des faux à herbes ou à ronces, des bigos, des bêches à quatre dents ou sans dents...."




C'est "une pioche à deux fourchons" utilisée "pour le curage du fumier dans les étables, ou encore pour arracher les légumes, tels que les pommes de terre."
Certains modèles "pouvaient avoir trois ou quatre pics"

Tout au moins en était-il ainsi dans le Bourbonnais....


Sources :
- Dictionnaire de l'Académie Française - 8ème édition- 1932-1935, via Wiktionnaire
- Site : http://www.grives.net
- Site : http://genealogie.aufauvre.pagesperso-orange.frhttp://www.grives.net

mercredi 21 décembre 2011

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI


Cette semaine, deux mots, dont tout le monde connaît la signification  : inutile donc d'avoir recours aux dictionnaires et autres encyclopédies en ligne ou non ! 
Tous, autant que nous sommes  souhaitons juste pouvoir les vivre, ce qui n'est pas toujours le plus facile.

                          JOIE                                                               PAIX

Quand ce n'est pas le cas, un troisième mot peut venir à notre aide :



     ESPOIR



JOYEUX NOËL ET BONNE ANNEE 
A TOUTES ET A TOUS !


mercredi 14 décembre 2011

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI


Il y a vraiment beaucoup de "Drôles de mots", dans "MOBY DICK" ! De très nombreux termes de marine, mais aussi d'autres plus spécifiquement liés aux baleines.
C'est l'un de ceux-ci que j'ai retenu aujourd'hui, parce qu'il m'a beaucoup intrigué et qu'il revient très souvent dans le texte qui lui consacre d'ailleurs un chapitre entier... vers la fin.


LE SPERMACETI :
"De même comme la tonne de Heidelberg, qui était toujours pleine des plus excellents vins du Rhin, la tonne de la baleine contient de loin le plus précieux de sa vendange huileuse, c'est-à-dire "le spermaceti" si hautement apprécié, à l'état absolument pur, limpide et odoriférant."

Après bien des consultations de dictionnaires et d'articles sur Internet voici une petite synthèse, qui j'espère sera aussi claire et juste que possible :

Tout d'abord, un prélable et un peu d'anatomie :
- Le spermaceti ne se trouve pas chez tous les cétacés, mais essentiellement dans la tête des cachalots : spermwhales en anglais.
- Celle-ci occupe le tiers de la longueur de son corps et présente une forme extrêmement arrondie à l'avant :


Source : petroleumhistory.org


Sa partie supérieure -" the case" que l'on pourrait traduire, par "la caisse"- est une vaste cavité dans laquelle est stocké le spermaceti. Ce n'est en aucun cas le cerveau - comme il est écrit dans certains dictionnaires que je ne dénoncerai pas... - qui, comme vous le voyez, se trouve en bas à droite.
Cette grande "caisse" est remplie d'une substance blanche et grasse, le spermaceti - appelé également et de façon impropre "blanc de baleine" en français, car la baleine n'est pas dotée de cet organe- composée d'acides gras, que le cachalot a le pouvoir de fluidifier ou de faire cristalliser en modifiant l'afflux sanguin dans cette partie de son corps. Le volume contenu est énorme puisqu'on parle de 4 tonnes, alors que le cerveau du cachalot lui, ne pèse que 8 kg.

Le spermaceti remplit probablement deux fonctions :
-  la première d'aide à la flottabilité, permettant au cachalot, soit de se maintenir à la surface de l'eau, quand le spermaceti est à l'état liquide, soit au contraire de s'enfoncer de plus en plus sous l'eau quand celui-ci se cristallise : c'est alors une sorte de balast naturel.
- la seconde, d'écholocation, en faisant office "de lentille de convergence pour les ondes sonores" :  c'est alors un élément du sonar des cétacés.

Bon, on y voit plus clair pour les cachalots ! Mais en quoi le spermaceti peut-il bien intéresser les humains ?

Herman MELVILLE nous donne la réponse :

"En voilà pour trois milles dollars les gars, une vraie banque. Toute une banque ! La Banque d'Angleterre !"


Et oui, au XIX ème siècle -et peut-être d'ailleurs encore aujourd'hui-, le spermaceti valait une fortune. Purifié à l'alcool et appelé alors cetine, cette substance combustible, qui produit une belle lumière blanche, sans fumée, était essentiellement utilisée pour la production ... de bougies :

Pas de pitié donc :

"Malgré sa vieillesse, son unique nageoire et ses yeux aveugles, elle était vouée à la mort par assassinat, afin de donner de la clarté aux joyeux mariages et autres festins de l'homme, et aussi à illuminer les sollennelles églises dans lesquelles il est prêché que tous doivent être absolument inoffensifs envers tous"

Des bougies, du lubrifiant, des produits de beauté, des baleines de corset ou de parapluie, voilà pourquoi les cachalots, les baleines (et combien d'hommes? ) ont été exterminés !
Je reste songeuse...

mardi 29 novembre 2011

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI


Aujourd'hui, ce sera visite chez les fourmis, grâce au numéro d'octobre/novembre de 
En plus d'être passionnant, comme toujours, il m'a fait découvrir trois mots nouveaux, sans que j'ai presque à en chercher la définition, puisque leur sens était précisé dans le texte même. 
Du beau travail de vulgarisation !



Une replète :
"Ces nounous d'élite appelées replètes..."
Une replète est une jeune fourmi ouvrière (donc stérile),  spécialisée dans le nourrissage des premières larves de reines et de mâles (sexués).
Gavées à l'automne pour emmagasiner des réserves de graisse et les conserver tout l'hiver dans leurs flancs, elles nourrissent  ces larves "par leurs glandes labiales, par une sorte de bouche-à-bouche".
Ce "régime princier" "accentuera la différence" entre les larves d'ouvrières, plus petites, et celles des reines et des mâles, différence qui est déjà sensible au stade des oeufs, ceux"qui donneront des sexués" étant déjà "plus gros et dotés de réserves" plus importantes.

La trophallaxie :
Pour bien comprendre ce qu'est la trophalloxie il faut au préalable savoir trois choses :
1° Les fourmis ouvrières effectuent un travail très spécialisé. Les plus expérimentées  sont des "fourrageuses", chargées notamment de "pourvoir la colonie en nourriture".
2° Pour ce faire, elles ingèrent le miellat sécrété par les pucerons qu'elles élèvent à proximité de la fourmillère ("61% de l'alimentation des foumis") croquent au passage quelques uns d'entre eux ainsi que des punaises, chenilles, etc ("35% de leur menu") et avalent enfin quelques graines (les 4/5 % restant de leur menu).
3° Cette nourriture est alors répartie entre leurs deux estomacs  : la plus petite part est digérée à leur bénéfice par le premier d'entre-eux, tandis que second, appelé estomac ou jabot social stocke le reste.

Dans ce contexte, la trophallaxie est le mode de transfert de cette nourriture entre l'ouvrière fourrageuse et les larves qu'elle est chargée de nourrir :
"La receveuse tapote la tête de la fourrageuse qui régurgite le miellat et le lui dépose entre les mandibules".


L'hémolymphe :
"L'hémolymphe est ce qui fait office de sang chez la fourmi. Ce fluide vital baigne tous les organes et les muscles et leur transfère les nutriments dont ils ont besoin. Tout cela sans veines ni battements du coeur."
On peut également ajouter que l'hémolymphe contient également les molécules de transport de l'oxygène ainsi que les déchets produits par l'utilisation des nutriments, vitamines et autres molécules.

Sources : 
- "La Salamandre" n°206
- Wikipédia

mercredi 16 novembre 2011

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI



Grâce au travail des éditions GF-Flammarion, auquel on doit rendre hommage, ma tâche de cette semaine a été bien simplifiée . 
Cette édition de "La maison aux sept pignons" de Nathaniel HAWTHORNE, nous offre en effet,  outre une traduction qui semble couler de source, une introduction, une chronologie, une bibliographie et enfin des notes qui éclairent l'oeuvre dans son ensemble, comme chaque mot difficile en particulier.
Je n'ai donc fait ici que recopier ces définitions. Un merci particulier donc à Anne BATTESTI, qui en est l'auteur.

Un in-folio / Un in-douze :
"Mais cette histoire comprendrait un enchaînement d'événements couvrant presque deux siècles et, à moins de l'abréger par trop cruellement, elle remplirait un in-folio plus épais -ou une série d'in-douze-plus longue qu'il ne serait sage d'ajouter aux annales de toute la Nouvelle-Angleterre pour cette période" 
"Un in-folio est un livre où les feuilles ont été pliées une fois, de façon à faire deux pages chacune ;
Dans un in-douze chaque feuille donne douze pages et l'ouvrage est alors de taille plus réduite."

Source : bibleetnombre.online.fr
Tophet :
"Autre article encore plus moderne : un paquet d'allumettes phosphorées, qui auraient autrefois fait penser qu'elles empruntaient leur flamme instantanée aux feux souterrains de Tophet."
""Tophet" symbolise l'enfer, du nom d'un site ancien près de Jérusalem où l'on offrait des enfants en sacrifice au dieu Moloch."

Source : our family website
un anneau galvanique :
"Il était aussi puissant qu'un anneau galvanique , et doué peut-être des mêmes propriétés".
"Anneau composé de différents métaux juxtaposés, supposé créer un champ électrique bénéfique à celui qui le portait : il existait, suivant le même principe , des ceintures galvaniques"
L'adjectif galvanique vient du nom de Luigi Galvani (1737-1798), scientifique bolognais, qui avait élaboré un procédé permettant d'obtenir un courant électrique par réaction chimique.