mardi 29 novembre 2011

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI


Aujourd'hui, ce sera visite chez les fourmis, grâce au numéro d'octobre/novembre de 
En plus d'être passionnant, comme toujours, il m'a fait découvrir trois mots nouveaux, sans que j'ai presque à en chercher la définition, puisque leur sens était précisé dans le texte même. 
Du beau travail de vulgarisation !



Une replète :
"Ces nounous d'élite appelées replètes..."
Une replète est une jeune fourmi ouvrière (donc stérile),  spécialisée dans le nourrissage des premières larves de reines et de mâles (sexués).
Gavées à l'automne pour emmagasiner des réserves de graisse et les conserver tout l'hiver dans leurs flancs, elles nourrissent  ces larves "par leurs glandes labiales, par une sorte de bouche-à-bouche".
Ce "régime princier" "accentuera la différence" entre les larves d'ouvrières, plus petites, et celles des reines et des mâles, différence qui est déjà sensible au stade des oeufs, ceux"qui donneront des sexués" étant déjà "plus gros et dotés de réserves" plus importantes.

La trophallaxie :
Pour bien comprendre ce qu'est la trophalloxie il faut au préalable savoir trois choses :
1° Les fourmis ouvrières effectuent un travail très spécialisé. Les plus expérimentées  sont des "fourrageuses", chargées notamment de "pourvoir la colonie en nourriture".
2° Pour ce faire, elles ingèrent le miellat sécrété par les pucerons qu'elles élèvent à proximité de la fourmillère ("61% de l'alimentation des foumis") croquent au passage quelques uns d'entre eux ainsi que des punaises, chenilles, etc ("35% de leur menu") et avalent enfin quelques graines (les 4/5 % restant de leur menu).
3° Cette nourriture est alors répartie entre leurs deux estomacs  : la plus petite part est digérée à leur bénéfice par le premier d'entre-eux, tandis que second, appelé estomac ou jabot social stocke le reste.

Dans ce contexte, la trophallaxie est le mode de transfert de cette nourriture entre l'ouvrière fourrageuse et les larves qu'elle est chargée de nourrir :
"La receveuse tapote la tête de la fourrageuse qui régurgite le miellat et le lui dépose entre les mandibules".


L'hémolymphe :
"L'hémolymphe est ce qui fait office de sang chez la fourmi. Ce fluide vital baigne tous les organes et les muscles et leur transfère les nutriments dont ils ont besoin. Tout cela sans veines ni battements du coeur."
On peut également ajouter que l'hémolymphe contient également les molécules de transport de l'oxygène ainsi que les déchets produits par l'utilisation des nutriments, vitamines et autres molécules.

Sources : 
- "La Salamandre" n°206
- Wikipédia

lundi 28 novembre 2011

RIEN NE S'OPPOSE A LA NUIT





Auteur : DELPHINE  de VIGAN
Editions : JC Lattès-2011- 437 pages

Autant le dire tout de suite, je n'ai pas lu ce livre comme un roman, mais comme le témoignage d'un expérience très cruelle : être confronté à la maladie mentale d'un très proche -ici la maladie bipolaire- avec tout ce que cela signifie pour la personne elle-même et son entourage.
Tel que Delphine de Vigan a voulu (ou pu) l'écrire ce livre m'a bouleversée de bout en bout, parce que tout ce qu'elle écrit est tout simplement vrai.
Vrai tout d'abord la difficulté à aborder le problème, dont témoigne m'a-t-il semblé la (trop?) longue première partie : on remonte bien loin dans l'enfance, on cherche à comprendre et on ne comprend rien, parce que tout cela nous dépasse. De même,  tous les passages  dans lesquels l'auteur explique à quel point sa démarche lui est tout aussi nécessaire que cruelle : on a besoin de parler ou d'écrire pour comprendre, mais c'est à chaque fois comme plonger sa main dans le feu. On a besoin d'être entendu, mais qui peut le faire ?
Vrai le déroulement des événements : les "bizarreries" des débuts, le terrible coup de tonnerre que représente l'épisode de bouffées délirantes, les hospitalisations successives, les périodes ou tout semble redevenir normal - on y croît -, les rechutes,  et cette personne qu'on a connue belle et vive, que l'on retrouve hébétée, abîmée  plus elle-même.
Vrais les décors de l'action : hôpitaux indigents et maisons dévastées.
Vrais aussi les sentiments éprouvés :  l'incompréhension, la peur, l'amour, la haine, la culpabilité, la méfiance, l'espoir et la cruelle lucidité  :

"Aujourd'hui, quand je la lis , il me semble que Lucile n'a rien aimé tant que boire, fumer et s'abîmer."

J'ai beaucoup de respect pour Delphine de Vigan : pour l'enfant qu'elle a été, pour la femme qu'elle semble être devenue, pour l'amour qu'elle a porté à sa mère, pour la délicatesse dont elle fait preuve vis à vis de ses proches et pour être arrivée au bout de cet ouvrage. 
J'espère qu'il l'a libérée, autant que possible. 
J'espère aussi qu'il permettra à chaque lecteur de ne plus confondre "l'aimable" bipolarité dont les magazines nous abreuvent et que chacun évoque pour expliquer ses sautes d'humeur et la "vraie" bipolarité, qui, certes et heureusement, peut être maîtrisée, mais qui engendre aussi tant de douleurs. 
  

dimanche 20 novembre 2011

TROIS FEMMES PUISSANTES....

Niki de Saint-Phalle - Washington -
.... Une autre version !
Quant à moi, je reviens dans une semaine.

vendredi 18 novembre 2011

LA MAISON AUX SEPT PIGNONS 2/2






"Dans une de nos villes de la Nouvelle-Angleterre, le long d'une petite rue, se dresse une maison de bois, toute délabrée, coiffée de sept pignons pointus tournés vers différents points de l'horizon, disposés tout autour d'une énorme cheminée."






" Tant d'aspects divers de l'expérience humaine s'y étaient manifestés -tant de douleur, de bonheur aussi, parfois- que les poutres en étaient saturées comme un coeur humain. La maison n'était plus qu'un immense coeur, vivant de sa vie propre, plein de riches et de sombres souvenirs."






"L'enclos, jadis très vaste, était maintenant confiné dans un tout petit espace par de hautes barrières de bois et les dépendances des maisons de la rue voisine."





"Il y avait aussi quelques plants anciens de fleurs vivaces datant d' il y a bien longtemps qui, s'ils n'étaient guère florissants, montraient qu'ils avaient été dégagés des mauvaises herbes comme si quelqu'un, par amour ou par curiosité, avait souhaité les amener au degré de perfection dont ils étaient capables."

mercredi 16 novembre 2011

LES DRÔLES DE MOTS DU MERCREDI



Grâce au travail des éditions GF-Flammarion, auquel on doit rendre hommage, ma tâche de cette semaine a été bien simplifiée . 
Cette édition de "La maison aux sept pignons" de Nathaniel HAWTHORNE, nous offre en effet,  outre une traduction qui semble couler de source, une introduction, une chronologie, une bibliographie et enfin des notes qui éclairent l'oeuvre dans son ensemble, comme chaque mot difficile en particulier.
Je n'ai donc fait ici que recopier ces définitions. Un merci particulier donc à Anne BATTESTI, qui en est l'auteur.

Un in-folio / Un in-douze :
"Mais cette histoire comprendrait un enchaînement d'événements couvrant presque deux siècles et, à moins de l'abréger par trop cruellement, elle remplirait un in-folio plus épais -ou une série d'in-douze-plus longue qu'il ne serait sage d'ajouter aux annales de toute la Nouvelle-Angleterre pour cette période" 
"Un in-folio est un livre où les feuilles ont été pliées une fois, de façon à faire deux pages chacune ;
Dans un in-douze chaque feuille donne douze pages et l'ouvrage est alors de taille plus réduite."

Source : bibleetnombre.online.fr
Tophet :
"Autre article encore plus moderne : un paquet d'allumettes phosphorées, qui auraient autrefois fait penser qu'elles empruntaient leur flamme instantanée aux feux souterrains de Tophet."
""Tophet" symbolise l'enfer, du nom d'un site ancien près de Jérusalem où l'on offrait des enfants en sacrifice au dieu Moloch."

Source : our family website
un anneau galvanique :
"Il était aussi puissant qu'un anneau galvanique , et doué peut-être des mêmes propriétés".
"Anneau composé de différents métaux juxtaposés, supposé créer un champ électrique bénéfique à celui qui le portait : il existait, suivant le même principe , des ceintures galvaniques"
L'adjectif galvanique vient du nom de Luigi Galvani (1737-1798), scientifique bolognais, qui avait élaboré un procédé permettant d'obtenir un courant électrique par réaction chimique.

LA MAISON AUX SEPT PIGNONS 1/2


Titre original : "The House of the Seven Gables"
Auteur : Nathaniel HAWTHORNE
Traduction : Claude IMBERT revue par Marie ELVEN
Introduction, notes, chronologie et bibliographie : Anne BATTESTI
Editions : GF- Flammarion- N°185- 1994
Format : Poche 334 pages

Jusqu'à très récemment, je ne connaissais d'Hawthorne que son portrait le plus célèbre,

Portrait par Charles OSGOOD -1840
Peabody Essex Museum - Salem MA- USA
ainsi que  cette phrase, plus que flatteuse, prononcée par une passante en le croisant :
"Etes-vous un homme ou bien un ange ?"

Mais après avoir découvert Concord, puis Salem où l'on peut visiter la demeure de sa cousine -cadre de son roman-, ainsi que sa maison natale, beaucoup plus modeste, rebâtie à côté,  je n'avais plus qu'une envie  : découvrir son oeuvre.

Nathaniel HAWTHORNE a quarante-sept ans lorsqu'il publie, en 1851 "La maison aux sept pignons".

 Depuis 26 ans, il a ajouté à  son nom -Hathorne- ce W qui lui permet d'échapper à la honte d'être le descendant de John Hathorne, un des juges des procès en sorcellerie de Salem, en 1692.

 Depuis  douze ans il a quitté la maison de sa mère dans laquelle, jeune-homme, il s'est cloîtré de très longues années, vivant dans une solitude quasi totale, ne sortant que la nuit, victime d'une profonde dépression : 
"Je m'assis au bord du chemin de la vie, comme victime d'un enchantement, et autour de moi surgirent des buissons, qui devinrent des arbres, puis une épaisse forêt, jusqu'à fermer toute issue tant étaient inextricables les profondeurs de mon obscurité".

Depuis neuf ans il est l'heureux époux de Sophia PEABODY, qui lui a permis "de rompre un charme fatal au profit d'un autre enchantement".

Depuis un an enfin, il a quitté Salem, "ce pays des nuées" et après la publication de "La lettre écarlate", connaît le succès littéraire qu'il a tant attendu.    

Et pourtant, en écrivant "La maison aux sept pignons" c'est à Salem et à sa sombre histoire "familiale et locale", qu'il revient.  Il le fait en quelque sorte en cachette, baptisant son roman "romance" un "récit qui n'aurait pas à soutenir l'épreuve des réalités du moment".

Dans la maison aux sept pignons, aujourd'hui bien délabrée, vit Hepzibah Pyncheon, une des rares descendantes de la lignée Pyncheon. Son ancêtre a donné à la maison toute son ampleur actuelle, après s'être approprié le terrain, dont il a fait condamner le légitime propriétaire. Celui-ci en mourant l'a maudit, ainsi que sa descendance, lui promettant que "Dieu lui ferait boire du sang". 
Rien ne va plus pour elle : ruinée, elle doit ouvrir une boutique pour survivre, elle l'aristocrate. Sa vie va être heureusement bouleversée par l'arrivée inattendue de sa jeune cousine Phoebe et le retour d'un mystérieux et très aimé visiteur. Tout pourrait être parfait, si son autre cousin, le riche juge Pyncheon, digne descendant de l'ancêtre maudit, ne se manifestait à nouveau.

Autant le dire, peu portée que je suis sur la littérature fantastique, je craignais un peu cette lecture !
En fait je l'ai aimée de bout en bout : un très beau style, des descriptions précises et sensibles, des portraits vivants où la tendresse affleure souvent, de l'humour autant que de la colère, de courtes échappées historiques qui éclairent la construction de ce Nouveau Monde- l'Amérique d'après la révolution-, une analyse ironique du fonctionnement de la société, des commentaires pleins de sagesse  : voilà tout ce que l'on trouve dans cette "romance", bien proche du passé  et du présent de son auteur.
J'ai rarement été prise sous le charme d'un livre de cette façon.  Je l'ai lu avec voracité, souriant à une fin bien sûr convenue, mais qui  témoigne aussi  du long chemin d'Hawthorne vers la vie et le bonheur.  

"Prenez-le pendant qu'il est à portée de la main ! Ne murmurez pas, ne discutez pas, profitez-en !"

dimanche 13 novembre 2011

EN CES MOMENTS DE CRISE....

Barry FLANAGAN
-Thinker on a rock-1997
Washington-D.C.-

... un peu de réflexion (et d'humour) ne nuisent pas !