Titre original : "The Nix"
Auteur : NATHAN HILL
Traduction : Mathilde BACH
Editions : Gallimard Folio - 2017 - 950 pages
Voici un (très) gros roman, comme je les aime, lu durant cet été, si pauvre par ailleurs en lectures.
Un roman, qui fait fait rire et pleurer et qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière page, nous laissant enfin espérer la paix pour ses deux héros tendres et fragiles.
D'un côté le narrateur, Samuel Anderson, la trentaine, jeune professeur de littérature à l'Université de Chicago. Un petit professeur pour le moment, qui semble s'ennuyer ferme, mal dans sa peau et qui se réfugie plus qu'il ne le faudrait dans les arcanes du monde d"'Elfscape", un jeu vidéo qui le maintient des nuits durant devant l'écran de son ordinateur. Il faut dire qu'il ne s'est jamais remis du départ de sa mère, qui s'est effacée de sa vie alors qu'il avait onze ans.
De l'autre "Calamity Packer," la soixantaine, ainsi abusivement surnommée par la presse pour avoir "agressé" le très conservateur sénateur Packer, en campagne présidentielle. Un surnom bien inadapté à cette femme fragile et persuadée depuis son enfance qu'elle n'est qu'une "imposture".
Toute l'intrigue va se nouer lorsqu'il apparaît que "Calamity Packer" n'est autre que Faye Andresen-Anderson, la mère du précédent.
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John Bauer :"La princesse et les Trolls" - 1913 - Source : repro-tableaux.com
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C'est par une suite de chapitres qui font alterner, les évènements actuels, ceux de l'enfance de Samuel et les étapes de la vie de sa mère, que peu à peu la lumière sur leurs vies d'hier et d'aujourd'hui se fera.
Nous allons donc successivement partager avec nos héros et ceux qui les entourent, les risques qu'il y a à vivre sur un campus américain aujourd'hui, l'ennui d'une existence étriquée dans petite ville de l'Ohio dans les années 1960, les dangers et pas seulement mentaux qui nous menacent dans le monde virtuel, l'ineptie du monde de l'édition, les affres des pauvres jeunes-filles en proie aux attaques de panique, l'effrayant monde des elfes norvégiens, la violence des grandes manifestations pourtant pacifistes de Chicago en 1968, la rudesse d'un village près du cap nord... et bien d'autres choses encore !
Nous allons donc successivement partager avec nos héros et ceux qui les entourent, les risques qu'il y a à vivre sur un campus américain aujourd'hui, l'ennui d'une existence étriquée dans petite ville de l'Ohio dans les années 1960, les dangers et pas seulement mentaux qui nous menacent dans le monde virtuel, l'ineptie du monde de l'édition, les affres des pauvres jeunes-filles en proie aux attaques de panique, l'effrayant monde des elfes norvégiens, la violence des grandes manifestations pourtant pacifistes de Chicago en 1968, la rudesse d'un village près du cap nord... et bien d'autres choses encore !
Il ya dans ce roman, les doux, les tendres, les innocents et tout autant de veules, de malhonnêtes , de fous furieux.
Certains chapitres sont désopilants, comme celui dans lequel notre pauvre héros affronte l'une de ses étudiantes, tricheuse invétérée. On rit jaune, tellement ce qui est dit ou fait, illustre bien notre époque, mais on rit.
D'autres sont poignants, comme ceux qui décrivent l'adolescence de Faye, prise en étau entre ses désirs, ses angoisses et le passé de son père mutique, ou l'enfance pleurnicharde de Samuel, illuminée un moment par sa rencontre avec la belle Bethany.
Les personnages sont attachants ou repoussants, les descriptions magistrales, notamment celles des émeutes, ou des combats virtuels sur '"Elfscape", dans lesquels se débat Samuel, tout autant que sa mère le faisait, contre les elfes émigrés avec son père de la lointaine Norvège.
Un vrai plaisir de le lecture, donc, qui nous fait attendre avec impatience, l'éventuel second ouvrage de ce jeune auteur.





































