vendredi 4 mai 2018

L'APPEL DU FLEUVE





"Perfume River" - 2016 -
Auteur : ROBERT OLEN BUTLER
Traduction : Jean-Luc PININGRE
Editions : Actes Sud - 2018 - 270 pages.


C'est à nouveau une histoire de pères et de fils et même d'arrière-petit-fils. Deux pères, trois fils, un arrière-petit-fils.
Une histoire de couples aussi,  ceux des grands-parents et des parents surtout.
Une histoire de loyauté, de fidélité, de culpabilité,
Une histoire d'incompréhensions.
Une histoire marquée par la violence des sentiments, des actes, des rancoeurs.
C'est tout compte-fait l'histoire d'une famille ordinaire,  les Quilan, dans laquelle, comme souvent, chacun s'est enfermé dans un rôle.


Source : seomix.fr

Les grands-parents vivent à Thomasville en Georgie. William et Peggy sont plus qu'octogénaires. William, dit Senior, a toujours été un homme rude, accroché à ses souvenirs de guerre, faite aux côtés du général Patton.  Ses fils doivent plier, quitte à les écraser ou les perdre.
Peggy se voue à son mari, joue son rôle de femme soumise et de mère tendre, manipulant parfois, mais tous ont déjà compris.

Le fils aîné Robert, soixante-dix ans aujourd'hui, forment avec son épouse Darla un couple d'universitaires à Tallahassee, Floride. Robert est aussi un vétéran du Viet-Nam, rejoint dans l'espoir d'obtenir ainsi l'affection de son père.

Jimmy, le cadet vit près de Toronto, avec Linda son épouse. Ils travaillent avec succès le cuir. Jimmy n'a jamais fait aucune guerre. C'était son choix, affirmé jusqu'à la rupture avec son père, sa famille et son pays. Depuis des décennies il ne donne plus de nouvelles.

William continue à remâcher souvenirs et rancoeurs, mépris,  sans jamais plier.
Robert a fait sa vie, mais surtout ne veut plus  penser à ce qui s'est passé là-bas. Le dire encore moins, pas plus à son père qu'à sa femme ou son frère, qui ne comprendraient pas. C'est tout au moins ce qu'il croit.
Jimmy ne regrette pas ses choix.

Et puis, William est brusquement hospitalisé. Peggy saisit l'occasion pour contacter Jimmy. Robert, pour satisfaire sa mère, le fait aussi de son côté.

Comme en miroir, un autre Robert, "Bob", hante les mêmes parages. Un homme brisé par un père dément.

En quelques jours, tout va se dénouer, d'une manière ou d'une autre, ou presque.




J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre écrit sans aucun pathos. Beaucoup de plaisir aussi à découvrir peu à peu ces fidélités qui s'imposent ainsi d'une manière ou d'une autre, sur plusieurs générations. Beaucoup de plaisir également à comprendre comment chacun peut "croire que" et à quel point on peut ainsi se tromper souvent.
Malgré ce sujet grave on sourit aussi parfois, devant les ridicules notamment alimentaires de notre époque, devant tous les petites manipulations qu'on découvre tout en les connaissant déjà...
C'est en fait un livre profond et juste, qui m'a donné envie de mieux connaître cet écrivain.
Je vous le recommande chaudement donc.


17 commentaires:

  1. C'est le genre d'histoire qui me plaît, je le retiens.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pense que tu ne seras pas déçue ! Bonne semaine, Aifelle !

      Supprimer
  2. Ah, je tourne autour, je lis quelques lignes... Je vais bien finir par l'emmener, d'autant que ce billet confirme la tentation :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ne tourne plus ! Pour ma part, je l'ai vraiment apprécié;

      Supprimer
  3. Combien "chacun peut "croire que" et à quel point on peut ainsi se tromper souvent" : hélas, lorsque l'on s'enferme dans des rôles, cela nous arrive à tous, les relations familiales ne sont pas simples, reflets de nos frustrations et humeurs.

    Cet écrivain discret publie depuis plus de 25 ans, j'ai pris note.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non, en effet elles ne sont, en général, pas simples. Je ne connaissais pas cet auteur, mais j'ai constaté qu'il avait beaucoup écrit... Une mine à exploiter, donc !

      Supprimer
  4. Je note le nom de l'auteur, séduite par ce 'sans aucun pathos' ^_^

    RépondreSupprimer
  5. Je l'avais bien écrit dans cette intention... J'espère que ce livre te plaira et que l'on pourra bientôt lire un article à son propos chez toi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce titre n'est pas à la bibli, mais bien d'autres,si.

      Supprimer
  6. As soon as I read your review, I went to my Library website and put a hold on this book! I am next in line -- and will let you know when I have read it!!

    (Amazon has it available inKindle format, but it was over the price I allow myself to spend on Kindle books!)

    RépondreSupprimer
  7. You are lucky Sallie to live near a good library ! I think you'll read it quickly and wait impatiently for your advice.

    RépondreSupprimer
  8. le genre de récit qui m'attire beaucoup, il faut que je cherche car je crois que j'ai déjà lu cet auteur

    RépondreSupprimer
  9. Il s'agit peut-être d' "Un doux parfum d'exil", recueil de nouvelles qui a obtenu le prix Pulitzer en 1993 ?

    RépondreSupprimer
  10. Les histoires de famille, les relations père et fils, un sujet tellement complexe : "L'affreux noeud de serpents des liens du sang" comme dit Eluard !

    RépondreSupprimer
  11. Oui, tout à fait ClaudiaLucia ! Avec ici de surcroît les conséquences des guerres sur des générations.

    RépondreSupprimer
  12. Annie, thank you for recommending this -- it was a great read. Families ... so complicated ... so interestingly the author shows the way war affected the father, sons, (and mothers and wives) whether they served in it or not. I thought it very true to life the way William and Peggy's generation were bound so tightly by their beliefs in what was right and wrong and how he especially was unable to see any other side to the story. Aside from the story itself and the thoughts the words inspired, I very much enjoyed reading this novel about people who are older (70s and beyond!) ... and who still led full and interesting lives. There are not many current writers who do that!

    RépondreSupprimer
  13. Annie, this didn't translate very well. I will try to write you an email with my thoughts better expressed! But thank you.

    RépondreSupprimer