vendredi 25 mai 2018

ALBERT SAVARUS





Auteur : HONORE DE BALZAC
Editions : Les classiques de Poche 2015 -196 pages
+ préface + histoire du texte + dossier -


A plusieurs reprises, ces dernières années, j'ai tenté la relecture de Balzac, abandonnée depuis mes années de lycée, donc il y a très longtemps. Chaque tentative s'est terminée par un échec
Aussi ai-je été très intéressée par la démarche de Dominique (récemment encore ici et ) et, suivant son conseil, me suis décidée à  commencer par un court roman.

"Albert Savarus" a été écrit en quelques semaines entre avril et mai 1842, par un Balzac, auquel le décès du Comte Hanski, le 4 janvier précédent, semble promettre la réalisation du voeu autour duquel il a construit sa vie et son oeuvre depuis tant d' années : épouser Madame Hanska.
Les choses se révèlent beaucoup plus compliquées et c'est dans cette obsession que Balzac puise le sujet d'un nouveau roman : "Albert Savarus".

Toute l'intrigue se joue à Besançon sur deux années.  Madame la baronne de Watteville, " reine de la confrérie qui donne à la haute-sociéte de Besançon un air sombre et des façons prudes en harmonie avec le caractère de cette ville", dirige d'une main de fer sa maison, son époux et sa fille, Rosalie âgée de dix -huit  ans.



Rosalie de Watteville
Source : bmasson-blogpolitique.over-blog.com

Tandis que le premier se réfugie dans son atelier de tourneur, la seconde, " frêle, mince, plate, blonde, blanche et de la dernière insignifiance",  par ailleurs d'une ignorance crasse, lui présente, de force plus que de gré, toutes les apparences de la soumission. La baronne est ravie.
Elle va pouvoir marier celle-ci au jeune comte de Soulas, un "lion de province... à bien bon marché", plus intéressé par la dote de Mademoiselle de Watteville que par sa personne.

Tout dort donc, lorsque, sorti d'on ne sait où,  un jeune avocat, Albert Savarus, fait une apparition  toute théorique dans le salon de Madame de Watteville, par l'intermédiaire de l'abbé de Grancey, Vicaire général, qui le décrit d'une manière très flatteuse. Il faut dire que celui-ci vient de faire gagner au Chapitre, un procès que chacun pensait perdu d'avance.
Cette entrée fantomatique émeut d'autant plus la société, que du propre aveu de l'abbé, Albert Savarus, est beau :

"... Une tête superbe : cheveux noirs mélangés déjà de quelques cheveux blancs, des cheveux comme en ont les saint Pierre et saint Paul de nos tableaux, à boucles touffues et luisantes, des cheveux durs comme des crins, un cou blanc et rond comme celui d'une femme...."

Je vous laisse rêver. Et rêver c'est bien entendu ce que va faire Rosalie, qui, de plus, peut apercevoir de sa fenêtre, Albert Savarus dans sa maison, où il mène une vie recluse pleine de mystères.

Je ne vous dirai rien de la suite des évènements, si ce n'est que vont se mêler très vite,  caractères d'airain et coeurs peu résistantsambitions politiques et aventures romanesques portées aux plus extrêmes  incandescences.



Albert Savarus et l'abbé de Grancey
Source : medieme.over-blog.com


Dominique avait raison, car j'ai pris un grand plaisir à la lecture de ce roman.
J'ai apprécié le déroulement de l'intrigue riche en coups de théâtre dignes des meilleurs feuilletons.
J'ai été sensible au style chargé autant d'ironie que d'élans romantiques, plus sensible d'ailleurs, à la première qu'aux seconds.
J'ai été  très intéressée en découvrant de quelle façon Balzac recyclait, non seulement l'histoire de sa vie, mais également des passages entiers des lettres passionnées qu'il adressait à Mme Hanska  et de la même manière,  réintroduisait des personnages d'autres romans, quand ce n'est pas les noms ou prénoms de ses autres maîtresses.
Cette édition "Les Classiques", m'a semblé très adaptée à la lectrice balzacienne novice que je suis. J'ai pour ma part préféré lire d'abord le roman, puis la  préface, l'histoire du texte et le dossier, mais la démarche inverse aurait été tout aussi intéressante.

Nul doute, je vais continuer !




Source : archimaine.fr


12 commentaires:

  1. Balzac a tellement écrit, qu'il y en a pour tous les goûts et les demandes (du court, du long). Pour ma part, je lis les préfaces APRES, c'est plus prudent...

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    1. Moi aussi, car j'ai toujours envie de commencer le texte même au plus vite et de le découvrir petit à petit, sans en savoir trop sur son contenu et puis parfois, certaines préfaces sont aussi bien ennuyeuses.... ce qui n'est pas le cas ici.

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  2. Les préfaces me découragent souvent, je préfère aussi les lire après. J'ai lu quelques Balzac dans ma jeunesse, je n'ai pas continué, les romans anglo-saxons des années 70 m'ont happée ..

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    1. Tu as trouvé le bon mot, Aifelle : les préfaces découragent souvent ! J'ai eu la même démarche que toi, mais les années passant j'ai eu envie de reprendre les classiques, ce que j'ai fait avec joie.

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  3. Grâce à Dominique, moi aussi, j’ai lu il y a peu La Vendetta, magnifique.
    Je note Albert S. avec plaisir.
    Bonne journée dominicale Annie.

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    1. Merci, Colo... Je vais noter la Vendetta de mon côté. Un bon échange de procédés en quelque sorte ! Bon week-end à toi.

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  4. Encore un Balzac à découvrir, je note cette édition.

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    1. C'est une édition très pédagogique. Je pense que de nombreux professeurs doivent l'utiliser. Je pense aussi que de nombreux élèves doivent découvrir la littérature d'une autre manière grâce à elle. Bonne fin de journée, Tania.

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  5. Je n'irai pas jusqu'à me considérer comme lecteur "balzacien", mais j'aime le retrouver à travers nouvelles ou même romans. J'aime beaucoup les éditions pédagogiques, et puisque le roman est court, je note donc celui-ci, merci Annie.

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  6. J'espère qu'il vous plaira et que le dossier bien fourni enrichira votre lecture.

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  7. Tu m'as bien amusée avec le terme de "recycler" ! Et tu me donnes envie de lire ce roman que je ne connais pas du tout même pas le titre ! J'aime bien Balzac mais il y a longtemps que je ne l'ai pas lu. Est-ce que tu connais Le lys dans la vallée ? C'est lui qui m'a donné envie de lire Balzac mais ce n'est pas un roman court.

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    1. Si je t'ai fait rire c'est déjà bien ! On peut avoir une très grande imagination et avoir besoin de temps en temps d'un peu d'aide... Oui, j'ai lu "Le lys dans la Vallée", en une nuit, quand j'avais 18 ans, après avoir vu un téléfilm dans lequel Delphine Seyrig jouait le rôle de l'héroïne. Je garde des deux un souvenir ébloui !

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