dimanche 10 février 2013

LE COLLIER DE LA COLOMBE...



Titre original : Tawq al-Hamân
Auteure : Raja ALEM
Traducteur : Khaled OSMAN en collaboration avec Ola MEHANNA
Editions : Stock - La cosmopolite Noire- 2012- 758 pages

... ou "hommage à un livre que je n'ai pas terminé"...

Curieuse façon  de reprendre un blog essentiellement de lecture, en choisissant un livre que l'on n'a pas terminé !

Reprenons donc les choses dans l'ordre :

Au départ trois choses m'avaient poussée à le lire :
- son auteure  est une femme, née en Arabie Saoudite,
- il s'agit, a priori, d'un roman policier, genre que j'apprécie bien,
- l'action se passe principalement à la Mekke, ville pour moi chargée de mystères.

Je me suis donc plongée dans cette lecture avec gourmandise et je n'ai pas été déçue. Pendant les 350 premières pages (tout de même), j'ai suivi avec passion l'enquête, bien difficile, conduite par l'inspecteur Nasser : une jeune-femme assassinée, le visage défoncé a été retrouvée nue dans le passage d'Abouraouss proche de la Kaaba : c'est un quartier pauvre où vivent des personnages tourmentés aux liens complexes, partagés entre soumission aux traditions et désir d'une autre vie.
Deux  jeunes femmes manquent à l'appel, Aïcha et Azza, que l'on découvre cependant, comme l'inspecteur Nasser, au travers des mails que la première a adressés à son amant allemand et des textes enflammés rédigés par Youssef, jeune historien, habitant du passage, fou amoureux de la seconde et de sa ville, La Mekke.
Petit à petit, on comprend à quel point celle-ci est également menacée par la corruption et un frénétique développement immobilier qui sont prêts à la dévorer.

Alors que s'est-il passé ? Trop de noms, trop de circonvolutions, trop de références, tout au moins pour moi. Mon avancée s'est révélée de plus en plus difficile jusqu'au moment où j'ai calé à 150 pages de la fin, sans connaître la clef de l'intrigue - c'est bien d'une histoire de clef qu'il s'agit !- et même pas certaine qu'il y en ait une, d'ailleurs.

Puis j'ai laissé reposer.... pour m'apercevoir que ce livre  en fait m'avait plu et qu'il était, à l'évidence, beaucoup plus profond que le résumé que je viens d'en donner. Ce n'est pas si fréquent que çà les livres qui vous secouent, qui vous emmènent dans des mondes (presque) inconnus, qui vous parlent des conflits d'aujourd'hui en empruntant le regard de l'autre, qui fait parler les femmes qu'on imaginent à tort, soumises sous leur voile  et les hommes qu'on suppose vraiment conquérants dans leur besoin permanent de l'affirmer.

Alors ? Tentez l'aventure ! J'aimerais beaucoup avoir d'autres avis, histoire de me donner envie de terminer les 150 dernières pages que je n'ai pas encore lues...

Pour ma part, dans quelques temps, j'ai bien l'intention de m'aventurer du côté de "Khâtem, une enfant d'Arabie" (Actes Sud 2011), le seul autre livre de  Raja ALEM, traduit pour l'instant en français.





L'auteure :

Raja Alem est née en 1970 à la Mekke en Arabie Saoudite.
Elle a publié plusieurs pièces de théâtre, des romans et des nouvelles et a reçu plusieurs prix prestigieux, dont, en 2011, le "Arabic Booker Prize" pour, justement,  "Le collier de la colombe" (prix partagé avec l'écrivain marocain, Mohammad Achaari).
Elle vit à présent entre Jeddah et Paris.

Source : Wikipedia

8 commentaires:

  1. Non, tu as raison de parler de livres non terminés, je devrais suivre ton exemple d'ailleurs. bises

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    1. C'est rare que je ne termine pas un livre, surtout si près de la fin ! On comprend parfois tout de suite pourqui on renonce, mais là c'était différent et je n'arrivais pas à savoir si s'était de mon fait ou de celui de l'auteure. J'ai eu le sentiment que malgré mon abandon je devais lui rendre hommage. Bref, compliqué !

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  2. Parfois certains livres se lisent en deux temps. tu éveilles ma curiosité car l'Arabie Saoudite n'a pas la réputation d'être tendre pour les femmes. Enfin, je vois qu'elle n'y vit pas tout le temps. Le besoin de liberté tout de même !

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    1. Je pense que tu devrais essayer et je me demande si son style ne te conviendrait pas mieux qu'à moi !

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  3. This book sounds very profound, Annie. I can understand feeling a bit overwhelmed by all the unknown, the names, references, etc..

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  4. Yes, for me it was "too much", but I think other readers could like it.

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  5. Bonjour,
    Je suis le traducteur du livre et j'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre billet.
    Il est vrai que le livre est assez exigeant dans la mesure où il se place dans un contexte assez peu connu en France (sinon par le prisme superficielle de l'actualité), de ce fait je comprends très bien que sur la distance, cela ait pu provoquer un trop-plein - n'empêche que vous avez raté quelque chose :)
    Quoi qu'il en soit, je trouve que c'est une belle démarche de parler d'un livre auquel on a trouvé un certain intérêt et d'en faire profiter les autres, quand bien même on est pas allé jusqu'à son terme.
    Bien cordialement


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  6. Merci pour votre message et bravo pour votre traduction qui a dû être un gros travail !
    Je n'ai pas abandonné l'idée de reprendre ce livre dans quelques temps car je n'aime pas rester sur un échec et par politesse envers l'auteur ... et donc le traducteur également. J'ai découvert beaucoup en le lisant sur un monde en effet souvent caricaturé, notamment sa richesse spirituelle et intellectuelle et son extrême raffinement. J'ai été également très heureuse de constater que tant de choses nous rapprochent.
    Bien cordialement.

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