dimanche 3 février 2013

EMILY CARR

Il est plutôt rare, quand on pénètre dans un musée, de découvrir que tout un étage est consacré à une artiste. C'est pourtant le cas à la Galerie d'Art de Vancouver, qui conserve et expose la plus grande collection des oeuvres d'Emily Carr (1871-1945), peintre et auteure canadienne, qui, si elle reste assez peu connue chez nous, est une véritable icône dans son pays.



Auto-portrait -1938-1939-
National Gallery of Canada, Ottawa

Emily Carr justement, la voici en 1939, telle qu'elle choisit de se présenter, dans son habit de travail, sans fioritures, incarnant  "ses valeurs personnelles et celles qu'elle admire chez les autres : l'honnêteté, la sincérité et la force".*
Elle est alors âgée de 68 ans, a encore six années à vivre et a parcouru sans faillir un long chemin, depuis le jour de sa naissance, le 13 décembre 1871, dans la très victorienne maison de ses parents à Victoria, petite capitale de la Colombie Britannique,


La maison natale d'Emily Carr à Victoria -BC-
jusqu'à la caravane, "l'éléphant", que des dizaines d'années plus tard, elle installe, l'été, au gré de ses envies, pour pouvoir peindre en pleine nature, entourée de ses chiens, cet ouest canadien, dont elle a su rendre, de manière si expressive, l'histoire la force et la beauté.



Vous l'aurez compris, son chemin n'a pas été celui du conformisme !
Dans une société peu encline à laisser aux femmes le choix de leur destin et un environnement ou l'homme blanc pense être la mesure de toute chose, elle a choisi la peinture, la nature, les peuples des premières nations et le célibat, considérant que "son art venait en premier, et qu'elle ne souhaitait pas le sacrifier en devant faire les compromis que demanderaient les responsabilités domestiques et des enfants."*


Lorsqu'elle meurt, le 2 mars 1945, Emily Carr laisse derrière elle des témoignages éclatants de son art puissant et de sa forte personnalité : ses peintures, dessins, poteries ... qui rendent hommage à un monde aborigène en train de disparaître et à la nature grandiose et omniprésente qui l'abrite,



"Totem Walk at Sitka" -1907- Art Gallery of Greater Victoria



"Vanquished" -vers 1930- Vancouver Art Gallery











"Big Raven" -1931- Vancouver Art Gallery
















                                                                                                          



"Red Cedar"-1933-

"Above the trees" - vers 1939- Vancouver Art Gallery
mais aussi une dizaine de livres, qui, d'une autre manière, rendent compte de ses mêmes passions et de la vie qu'elle a construite autour d'elles.



"Scorned as timber, Beloved of the Sky" -1935- Vancouver Art Gallery

"Méprisé comme bois, aimé du ciel" est l'un des plus célèbres tableaux d' Emily Carr.
"Rejeté en tant que bois d'oeuvre, l'arbre continue à grandir, montant jusqu'au ciel comme un symbole d'espoir"*
Certains y ont vu le profond attachement qu'elle portait à la nature et sa consternation devant les ravages induits par le développement urbain, d'autres un portrait d'elle-même, faisant son chemin seule ou presque, fière d'avoir  atteint son but. 




Toutes les citations marquées d'une étoile * sont tirées de ce livre. Certains commentaires en sont également issus. Titre : "EMILY CARR : an introduction to her life and art"
 Auteure : Ann NEWLANDS
  Editions : Firely Books -1996- 64 pages.

12 commentaires:

  1. A lovely post Annie -- we used to visit British Columbia (Vancouver and Victoria) quite often when we had our home in Oregon and we've seen many of the totems and visited many of the historical sites; yet I did not know of this artist. I look forward to finding and reading this book.
    Thank you for the reminder of the West Coast. Your post makes me hope that we can make time to visit BC this summer! It has been too many years. (I would certainly visit this museum if we go!)

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    1. I hope you'll do it ! It's a so beautiful and interesting place !

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  2. C'est passionnant. j'adore lire et découvrir ces vies de femmes. Cela montre la force dont elles étaient capables et la ténacité. Il faut montrer ces femmes tellement haut et fort qu'on ne puisse plus nous dire qu'il n'y avait pas de femmes.

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    1. Oui, j'ai été admirative devant son talent et sa ténacité. Si j'ai bien compris ele avait dès l'âge de quatre ans bien montré de quoi elle serait capable en bourrant de coups de pied le pasteur qui étéit sensé la baptiser...

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  3. Ravie de te lire à nouveau ma douce amie.
    Gros bisous et belle semaine

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    1. Merci, Dany de ta fidélité et très bonne semaine à toi aussi.

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  4. Les trois premières peintures que tu présentes sont carrément ... grandioses ! Merci, Dame Annie (merci pour ton retour, aussi)

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  5. Oui, c'est celles que he préfère aussi et il y en a bien d'autres.

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  6. Cette femme est incroyable et ses peintures de toute beauté. Je ne la connaissais pas du tout et j'ai bien envie de combler cette lacune.
    Heureuse de te retrouver .... je suis allée deux fois dans ta ville pour mon travail puisque l'association qui m'emploie y a son siège !
    Et tu verras qu'il souffle sur les blogs un vent de nostalgie avec un engouement pour Alice ... mais c'est si bon de régresser ;-)

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    1. Oui, c'est une belle découverte, pour son oeuvre et sa vie ! D'accord pour la régression, surtout avec Alice !
      Peut-être aurons-nous l'occasion de nous rencontrer un jour.

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  7. Welcome back, Annie! Beautiful return! I love the style of these paintings.

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  8. I'm happy to read you too Suko !

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