samedi 22 janvier 2011

UNE SI LONGUE LETTRE



Auteur  : Mariama Bâ
Edition : Privat/Le Rocher 2005
Première édition : Les nouvelles éditions africaines du Sénégal 1979
Genre : roman épistolaire
Format : Poche

C'est un texte court, 165 pages d'un petit format de poche imprimé en gros caractères, que l'on lit d'une seule traite.
Durant les quarante jours de deuil qui suivent la mort brutale de son mari, pendant lesquels, suivant la tradition, elle doit rester chez elle, Ramatoulaye, qui vit au Sénégal écrit à son amie Aïssatou.
Toutes deux ont partagé les mêmes expériences : toutes deux ont fait des études puis se sont mariées par amour à de hommes brillants dont elles ont eu des enfants. Ramatoulaye en a eu 9, Aïssatou deux.
Puis, alors que rien ne le laissait prévoir,  toutes deux ont été confrontées brutalement au second mariage de leurs époux.
Aïssatou a refusé de s'y plier et est partie vivre aux Etats-Unis avec ses deux fils. Ramatoulaye, contre l'avis de sa famille et de ses enfants est restée.
Durant ces quarante jours et les semaines qui suivent et parce que "la confidence noie la douleur", elle rappelle à son amie leurs espoirs communs, analyse dans la souffrance le comportement des acteurs et actrices de ce qui a été leur drame -la polygamie-.
Elle nous offre au travers du récit de leurs vies et de l'évocation de celles, en construction, de ses filles, une description de la place faite aux femmes dans la société sénégalaise et des réponses que les celles-ci construisent en fonction de leur âge, de leur histoire et de leur sensibilité.

Ce que j'ai  particulièrement aimé :
  • la découverte d'une culture et de ses rites,
  • le style simple et beau, sans recherche d'effets,
  • la générosité du personnage de Ramatoulaye et sa profonde dignité,
  • la concordance des constats, malgré les distances dans le temps et l'espace, entre Mariama Bâ et Mary Wollstonecraft.


Un beau livre !

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