vendredi 28 janvier 2011

PHOTO DE GROUPE AU BORD DU FLEUVE

Auteur : Emmanuel DONGALA
Edition : Actes Sud 2010
Genre : roman
Format : 334 pages


En refermant le livre de Mariama Bâ, je savais déjà quel serait le prochain roman que je lirais.
Dans le programme de "Lire à Embrun 2011" figurait en effet "Photo de groupe au bord du fleuve", d'Emmanuel Dongala, écrivain de père congolais et de mère centrafricaine, qui vit actuellement aux Etats-Unis où il enseigne.
J'avais grande envie d'en savoir plus sur l'Afrique et ne me doutais pas, en commençant, que ce serait également l'occasion d'en apprendre encore plus sur la vie des femmes de ce continent.
L'action du livre se déroule en quelques jours dans une capitale africaine.
Tandis que la femme du Président s'apprête à accueillir les premières dames d'Afrique pour une conférence très importante pour l'image du pays, un groupe d'une quinzaine d'autres femmes se rend, comme chaque jour, au bord du fleuve. Elles transforment à coup de marteau des rochers en graviers qu'elles rassemblent en sacs. Des entrepreneurs leur achètent à un prix de misère et les revendent à prix d'or pour la construction d'un aéroport international dans le Nord du pays.
Méré, que nous allons suivre pas à pas tout au long du roman, leur dit "pour bavarder sans plus" qu'il n'y a aucune raison de supporter cette situation. Quelques jours plus tard elles décident toutes d'exiger une forte augmentation  du prix de chaque sac et demande à Méré d'être leur porte-parole.
Du début de ce conflit à sa conclusion quelques jours seulement vont s'écouler. Quelques jours durant lesquels nous allons découvrir l'histoire de ces quinze femmes : quinze femmes et presque autant de manières d'être niées : les traditions, la force, le mépris  se conjuguent mais le courage, la rouerie, l' humour (ah ! Le Ministère de la femme et des handicapés...) y répondent .
Ces journées sont aussi pour nous l'occasion de vivre au coeur de ce pays  : Tout ce qui a été dit ces derniers jours sur la Tunisie de Ben Ali se retrouve ici : "démocratie" dévoyée, jeunesse diplômée et sans emploi, corruption, pratiques d'intimidation.... rien ne manque et au-delà.
Ce que j'ai aimé :
- L'énergie qui se dégage de ces portraits de femme, qui très vite comprennent que ce qu'elle veulent, c'est être payées au juste prix mais tout autant affirmer leur dignité.
- La volonté de garder espoir, malgré tout.
- Le vocabulaire et ses belles images :  "qui  t'a enceintée ?",  "une main de quatre bananes".
- L'ombre tutélaire de Mariama Bâ et d'une certaine façon de Mary Wollstonecraft.
Ce que j'ai moins aimé :
- Le côté un peu trop didactique des personnages.
- Les discours qui s'insinuent parfois dans les dialogues.

En refermant le livre on aurait facilement tendance à se demander avec Méré s'il y a " pire endroit pour une femme sur cette planète, que ce continent qu'on appelle Afrique".
Mais balayons plutôt devant notre porte : la jeune algérienne rencontrée hier, mariée avec un français qui l'a jetée dehors, et à qui la préfecture refuse de ce fait le renouvellement de sa carte de séjour ou la compagne de plus de trente ans de Stiegg Larsson, l'auteur de la trilogie "Millenium", dépouillée par la famille de celui-ci, ce n'est pas en Afrique, mais en France et en Suède. Alors.....

1 commentaire:

  1. Annie, I think I get the gist of your review, but how can I translate this into English so that I may comment intelligently?!

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