vendredi 4 mars 2011

LA JOUEUSE D'ECHECS



Auteur : Bertina HEINRICHS
Editions : Liana Levi  -2005-
Format : Poche  -156pages-

Bertina HEINRICHS est allemande. C'est pourtant en français qu'elle a choisi d'écrire ce premier livre, qui a reçu de nombreux prix régionaux, et c'est dans l'île grecque de Naxos qu'il se déroule, sur très peu de mois.
Eleni, la quarantaine passée, native de l'île où elle vit avec son mari Panis le garagiste et leurs deux enfants, travaille comme femme de chambre, depuis des années,  dans un hôtel qui domine la ville.
Elle aime bien son existence, peut-être parce que sa patronne est sympathique - elle l'attend tous les matins avec une tasse de café- peut-être aussi  parce que son métier lui permet de rêver : quelques vêtements laissés sur une chaise, des pots sur l'étagère de la salle de bains, les sonorités d'une langue que pourtant elle ne comprend pas, ces petits indices lui indiquent toujours d'où viennent les clients  : Allemagne, Italie ou encore mieux France.
Car Eleni à un faible pour Paris.  C'est dans la chambre d'un couple de français justement, la chemise de nuit et le petit flacon de parfum "enivrant" qu'elle prend le temps de respirer ne peuvent mentir, qu'en balayant , elle fait tomber  d'un échiquier une petite pièce noire.
Et cette petite pièce noire va tout changer, bon gré mal gré, dans sa vie, celle de son mari et même celle de son ancien instituteur qui, étonné, va lui servir de mentor et donner à celle que certains appellent "la boniche" une nouvelle dignité.

Ce que j'ai particulièrement aimé :
- La manière dont Bertina Heinrichs décrit la passion qui saisit Elina, car c'est  bien de cela qu'il s'agit. Non par de grandes envolées, mais par l'accumulation de détails prosaïques, ne plus boire son café, "expédier" le dîner qu'elle aimait préparer, éviter l'amie bavarde. Elina n'a plus de temps pour ses ces petits plaisirs, quelque chose de bien plus grand l'attend :
 "Ce lambeau de vie qui lui appartient en propre, où se manifestait une soif d'apprendre jusque là ignorée", "cette sensation de basculer dans un autre univers chaque fois qu'elle s'attablait devant un échiquier".
- Le vocabulaire des échecs,  qui fait rêver :   "La partie espagnole", "la partie viennoise", la défense Cordel moderne", le système Rauser", l'attaque Max-Lange" la défense sicilienne "le gambit Göring" et surtout entre poésie et technologie, "le dragon semi-accéléré" et "le dragon accéléré."

Ce que j'ai regretté :
- N'étant pas joueuse d'échecs,  ne pas pouvoir réellement apprécier la subtilité des tactiques mises en oeuvre par Eleni.
- Bêtement, je dois le reconnaître, la référence précise au parfum, qui accompagne et structure cette aventure intérieure.

Voilà donc un livre que j'ai lu avec plaisir. Je crains cependant de l'oublier assez vite, sans pouvoir expliquer pourquoi.

Malheureusement, malgré mes recherches, je n'ai pas trouvé de références à une version en anglais.

J'ai lu ce livre dans le cadre de "Lire à Embrun 2011"

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