lundi 17 janvier 2011

DEFENSE DES DROITS DE LA FEMME







Author : Mary Wollstonecraft
Edition : Petite Bibliothèque Payot 2005
Genre : Essai
Format : Poche - 286 pages

Dur, dur pour ce premier ouvrage du challenge "A year of feminist classics" ! Rarement un livre m'a donné autant de fil à retordre. Commencé dans mon fauteuil un crayon à la main, j'ai dû le poursuivre à mon bureau avec crayon et papier, jusqu'au moment où je suis passée au mode "survol", sans papier ni crayon, dans un état d'énervement préoccupant, noyée que j'étais sous une avalanche de démonstrations souvent obscures et de répétitions lassantes.
Pourtant ce livre mérite le plus grand respect ! Ecrit en 1792, c'est un véritable pamphlet contre le patriarcat, une dénonciation virulente du sort réservé aux femmes "constamment tournées (par la société) vers ce qu'il y a de plus insignifiant en elles", un appel pour que leur soit donnée une éducation qui leur permette de développer leur corps et leur esprit et d'acquérir leur indépendance.
Ce que j'ai aimé :
- De façon très contradictoire, le ton : elle se place d'emblée au niveau de Jean-Jacques Rousseau,  se refuse  "à choisir ses mots et à polir son style" et exprime son indignation sans reprendre son souffle durant 286 pages !
- sa dénonciation de la sujétion"naturelle et...organisée des femmes, aux besoins des hommes,
- son analyse  de la "perfection féminine", telle que l'envisage son époque : ignorance, faiblesse, docilité, complaisance,
- son exaspération devant la soi-disant évidence d'une nature féminine  tournée dès la naissance vers "les poupées, les vêtements et les bavardages",
- son appel au respect des femmes en premier lieu par elles mêmes,
- globalement la justesse de son constat, étonnement moderne : on retrouve encore aujourd'hui hélas,  ses femmes persuadées que leur premier atout est leur apparence voire leur (soi-disant ) cervelle d'oiseau, ses petites-filles et ses petits garçons programmés pour tenir des rôles stéréotypés.
Je ne saurais trop conseiller d'aller voir le film  de  Mike Leigh  "Another year". Mary et Gerri me semblent parfaitement incarner les deux images de la femme évoquées par Mary Wollstonecraft : celle valorisée pendant si longtemps, et celle qu'elle appelait de ses voeux et que nous avons aujourd'hui la possibilité (et au-delà) d'être.

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