mercredi 20 mars 2013

DANS L'OMBRE DE LA LUMIERE



Auteure : Claude PUJADE-RENAUD
Editions : Actes Sud -2013- 298 pages

Quand Elissa, la narratrice, commence ce récit, elle est dans la quarantaine.
Elle vit chez sa soeur aînée,  et son beau-frère Marcellus le potier, à Carthage,  la ville où elle est née et où elle aime vivre.
Ce sont eux qui l'ont recueillie, il y a quelques années, quand elle est revenue d'Italie, "loque amaigrie, regard de folle".
Celui qu'elle aimait et dont elle partageait la vie depuis quinze ans, Augustinus, l'a renvoyée pour pouvoir épouser une jeune-fille de bonne famille et satisfaire ainsi ses ambitions, à moins que ce ne soit surtout celles de sa mère, Monnica, la parfaite. Ils ont gardé aussi Adeodatus, le fils d'Augustinus et d'Elissa, sans qu'elle n'ait rien à dire.

L'annonce qui lui est faite ce jour là - l'évêque d'Hippo Regius va séjourner à Carthage et y prêcher- la conduit à commencer ce récit.
Car cet évêque d'Hippo Regius, elle le connaît très bien : il n'a pas épousé la jeune-fille de bonne famille, il a abandonné son métier de rhéteur, il a rejoint la foi de sa mère, il deviendra Saint-Augustin, pas moins qu'un Père et Docteur de l'Eglise.
Mais pour elle il reste  Augustinus, celui "dont son sexe et sa mémoire ont conservé la trace".

C'est par très courts chapitres que nous allons prendre connaissance de cette histoire : ce qu'elle a vécu au temps du bonheur, ce qu'elle vit aujourd'hui partagée entre souffrances et nouveaux attachements. On passe du présent au passé, de la réalité aux rêves, la vie quotidienne se mêle à l'histoire, la sensualité aux renoncements mystiques. 

J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre : bien construit, très bien écrit, il permet au delà des charmes du roman, de redécouvrir une page d'histoire : le déclin de Rome, le triomphe des barbares, la victoire du christianisme.

Il donne également et surtout l'occasion d'en apprendre plus sur cet Augustin, que l'on aurait peut-être pas cherché à mieux connaître sans cette médiation, mais aussi sur cette inconnue qu'il n'évoque qu'en deux lignes,  dans ses "Confessions". 

Quinze ans de vie commune  et un fils valaient bien un livre : à présent nous l'avons ! 

10 commentaires:

  1. J'ai beaucoup cotoyé cet Augustin dans mes études et il ne m'était pas toujours très sympathique.Il faut dire que je n'ai pas beaucoup d'affinités avec les docteurs de l'Eglise mais il a proposé une très belle réflexion sur le temps.

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    1. Je dois bien avouer que je ne l'ai pas lu, mais ce livre m'a donné envie de le faire !

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  2. Un titre que je note, un beau sujet pour renouer avec Claude Pujade-Renaud que j'avais un peu perdue de vue.

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    1. J'en suis ravie, car c'est une belle lecture !

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  3. I used to love historical novels, but it has been a long time since I've read one. (It's such a painless way to learn.) This sounds well worth it!

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    1. I love this way to learn too ! It's perharps the easiest, but a good one !

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  4. J'ai très envie de lire ce livre ! d'autant plus que je viens de terminer "Les femmes du braconnier" et que je n'ai pas pu le lâcher...
    L'Or aussi me le conseille alors ça fait deux avis emballés !

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    1. Pas d'hésitation alors ! Bonne lecture !

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  5. j'avais énormément aimé Le Désert et la grâce aussi je n'ai pas hésité et j'ai aimé celui là aussi
    C'est une auteur qui a l'art de faire à la fois des portraits incisifs et charnus et en même temps de brosser le tableau d'une époque
    j'ai beaucoup aimé les relations entre Elissa et le scribe qui recopie avec art les sermons d'Augustin et qui donne à lire les premières pages des confessions
    je ferai un billet bientôt avec un thème sur la passion

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  6. Je l'attends avec impatience ! J'aime beaucoup d'ailleurs ta façon de procéder par thèmes. Je m'aperçois que dans mes lectures je fonctionne très souvent de cette façon : j'attrape un fil et je tire... Bon week-end; Dominique.

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